Repas de noël : entre pulsion et raison

Plateau d'huîtres à Noël

[Cet article a initialement été publié dans le cadre du Calendrier de l’Avent 2019 pour se préparer aux fêtes de Noël sans (trop) s’emballer]

BOUFFE, BOUFFE, BOUFFE !! Ça y’est, on parle enfin de choses sérieuses : le repas de Noël !

Quand on adore manger (comme moi), Noël, c’est magique. On met les petits plats dans les grands, la table a été joliment décorée, on sort de belles bouteilles, les cadeaux ont été ouverts, on est (je l’espère) heureux de se retrouver, c’est bon et copieux… Bref, c’est la fête. 🎉

Mais force est de constater : c’est aussi un peu l’overdose. Gros réveillon le 24 ou le 25, parfois les 2 – sans compter tous les autres jours du mois où l’on en a également profité molto allegro… et rebelotte le 31. 🎇

Repas de Noël : vive la tradition

Un peu d’histoire…

A l’époque de la Rome antique, il était déjà coutume de dresser une table ‘porte-bonheur’, la tabula fortunata, à la veille de la nouvelle année. Objectif : se rassurer. Ainsi, on disposait sur la table tous les mets que le domaine pouvait se procurer et qu’on espérait retrouver l’année suivante. L’abondance promet l’abondance.

En Alsace, jusqu’au XXe siècle, la tradition voulait que les 3 éléments indispensables à la vie soient représentés sur la tablée : l’eau, la terre et l’air. Notre menu type de Noël est issu de cette coutume. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, on propose donc chaque année :

  • Du saumon, des huitres, des fruits de mer : l’eau
  • Du foie gras, une volaille farcie : l’air (ces animaux ont des ailes)
  • Des légumes, la bûche de Noël : la terre

Quelle que soit la région, les desserts servis sont également très riches : crème au beurre (bûche de Noël), gâteaux fourrés aux fruits secs, pâte d’amande, épices (Stollen allemand, Christmas pudding anglais) ; la Provence sert même ses fameux 13 desserts ! Les biscuits, friandises, et bons vœux sont autant de rites porte-bonheur pour conjurer le mauvais sort : la famine, issue de mauvaises récoltes.

Trop d’excès

Et c’est donc là où je veux en venir.

Aujourd’hui, en France, nous sommes nombreux à ne manquer de rien. Les supermarchés et autres magasins de bouche sont pleins : il suffit de tendre le bras pour obtenir ce qu’on veut, quand on veut. La famine ? Quelle famine, quand à chaque Nouvel An je me promets de perdre les …kg disgracieux.

Mais – et je m’excuse de jouer les trouble-fêtes alors qu’on devait parler miam miam…

Si l’on persiste à maintenir nos modes de vie actuels, à trop consommer et à trop gaspiller, viendra le temps – de notre temps – où ces coutumes ancestrales prendront à nouveau tout leur sens. Les conséquences du réchauffement climatique et de l’épuisement des sols dû à une surexploitation agricole sont là pour nous le rappeler.

Exercice du jour

Aujourd’hui, je t’invite donc à te demander, de quelle manière tu peux contribuer à un repas de Noël plus responsable. Plusieurs possibilités :

Faire des choix plus raisonnés pour ton menu de fête

Choisir entre les fruits de mer et la viande, éviter le foie gras, privilégier les produits locaux et de saison, favoriser le vrac et la découpe ; on zappe les produits jetables (et on fait la vaisselle) et les éléments déjà tout prêt en sachet…

Eviter le gaspillage alimentaire

Limiter l’apéro (histoire d’avoir encore faim pour la suite), servir de petites portions, accommoder ou congeler les restes, …

Partager les restes de ton repas de Noël

Avec tes convives (vive le doggy bag) ou la personne sans-abris du coin de la rue.

Des idées, des bonnes pratiques, des questions ? Hop, voilà la page Facebook !

PS : Promis, il y aura aussi bientôt un article sur la tiz… en mode rabat-joie ! 😉

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